Ceux de la montagne

« Les montagnes ont toutes leur histoire et font vivre ces instants d'inspiration où l'on est entièrement coupé du monde d'en bas »

16 février 2013

Bien joli ce p'tit film d'animation là!!!!!!!!!

Montagnes - Film animation from Jaillet Benjamin on Vimeo.

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28 avril 2011

L'Homme aux herbes

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Colas est médecin, comme le fut son père, comme le fut son grand-père. Le don s'hérite. il vient du fond des âges et scelle l'accord de qui le détient avec les plantes. Pas une herbe qui ne révèle au guérisseur ses vertus thérapeutiques. Qu'il passe avec sa hotte dans la forêt : mille parfums le retiennent. La santé s'offre dans les fleurs, les feuilles, les tiges et les racines...

Dans une haute vallée des Alpes, depuis des générations, la souffrance et la mort reculent devant les Colas, père et fils. Par malheur, un jour vint la route, la roue avec elle, on veut dire l'automobile. Et la Caisse-maladies, qui engage un médecin diplômé. Le Moyen Age bascule dans les temps modernes. Pour le maire avide de progrès, Colas n'est plus qu'un charlatan. L'injure traverse le vieux guérisseur comme une lama, le déshonore. L'ingratitude le crucifie. Il s'en va mourir, seul, sur la montagne. Personne ne lui ferma les yeux.

Humble grandeur d'une existence: elle s'achève en tragédie. Comment il faut mourir, Colas nous le montre par son exemple: dans la dignité, le renoncement, le silence.

Admirablement informé d'un passé en train de disparaître, l'auteur de "L'homme aux herbes" nous donne avec ce beau roman, écrit dans une langue transparente comme l'eau des sources de son pays, une leçon de noblesse paysanne.

Maurice Zermatten: biographie sur Wikivalais dont voici le lien:

http://www.wikivalais.ch/index.php/Maurice_Zermatten


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23 avril 2011

Modzeni story....vachement mieux que loft story !

Photos d'Anne-Lise Vullioud

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Sur le podium des fiertés nationales suisse, le paysage , verts pâturages et placides bovidés, détrône sans effort banques, neutralité (hem) et patients horlogers.

Mais on oublie souvent que cette parfaite image d’Epinal n’est pas l’œuvre brute de Mère Nature. Hommes et bêtes l’on façonnée au cours de siècles de défrichements, d’épierrements et de pastoralisme.

Tout là-haut, tout là-haut, bergers, vachers, gardes-génisses, moutonniers, s’acquittent encore de cette noble tâche afin que la carte postale garde ses belles couleurs, sa candeur.

Par le passé, les heureux élus gardiens de nos splendeurs étaient recrutés pour la plupart parmi les gosses de l’assistance ou rejetons rejetés de familles trop nombreuses, peu ou pas instruits. Ils montaient en mai pour ne redescendre qu’en septembre s’accommodant corps et âme de seré et de laitia, d’un lit de paille et de célibat.

Les temps ont changé , les vaches restent à garder.

22 avril 2011

La saison du silence

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.Portrait d'un homme réalisé sur une année dans les Hautes-Alpes et qui, tel Janus, présente deux visages : berger l'été avec un troupeau de 1400 bêtes, Alain réintègre la société et ses signes sitôt l'hiver venu. Là, il redevient garde municipal dans la station de ski des Orres où son travail consiste à faire redescendre les voitures qui aboutissent inévitablement au seul rond-point de la station…

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à voir une version courte du documentaire de Jean-Pierre Froment sur viméo

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16 avril 2011

Rêve de loup

PROBLEMES TECHNIQUES avec canalblog aujourd'hui: impossible de mettre des liens et photos, j'arrangerais ça plus tard! Sachez tout de même que c'est un texte écrit par yves paccalet que j'ai trouvé sur son blog. Sachez également que je ne suis pas écolo-citadin mais berger dans les Alpes depuis 17ans et que pour le moment ce sont toujours les chiens du voisinage qui ont croqué mes brebis.............

(« Le » loup – on dit toujours « le », comme s’il n’y en avait qu’un… Je l’ai vu deux fois récemment, près du hameau de Tincave. J’ai reformaté, pour l’occasion, un petit texte que j’avais composé il y a une dizaine d’années, dans le Mercantour, quand l’animal n’avait pas encore reconquis les Alpes entières – et, désormais, son bon vieux Gévaudan !)

Comme l’éléphant d’Alexandre Vialatte, le loup est irréfutable. C’est un animal prouvé, au contraire de la Licorne ou du Vampire. Il est vif, rusé, coruscant, hirsute. Il vous considère de ses yeux jaunes, mais pas forcément pour vous manger mon enfant. Il exhale une évidence logique, zoologique et morale. Il ne saurait être révoqué du monde, ni par le ministère du Gibier et Accidents de Chasse, ni par l’Office du Ski et Fractures ; pas davantage par le syndicat de la Joyeuse Chevrotine ou l’amicale des Immeubles de Béton dans la Montagne.
Le loup est irréfutable… Quiconque, une fois dans sa vie, a vu frémir ses babines, devient une autre personne. Ou plutôt redevient ce qu’il fut avant l’invention du ministère des Accidents de Quatre-Quatre et des Balles Perdues réunis. Le loup et l’homme sont des bêtes sauvages, mais civilisées, composées de la même substance organique et passionnelle. Ils occupent des niches écologiques identiques. Grands prédateurs, amateurs de gigot du dimanche, ils font plus souvent leur ordinaire de petits animaux et de plantes : lapins, grenouilles, myrtilles ou fraises. L’homme y rajoute du coca ou du château margaux, selon son degré de civilisation.
Les deux animaux s’organisent en familles et en clans. Ils forment des meutes ou des villages. Ils se parlent dans un langage chanté-modulé qui donne le frisson dans la montagne ou à l’opéra. Ils se caressent, se reniflent, se lèchent, se bécotent, marquent leur territoire, se prosternent devant le chef, subissent la mondialisation et s’envoient des coups de patte dans le dos de l’arbitre. Certains pratiquent l’altruisme. Beaucoup passent leur vie la queue basse.
L’homme et le loup ont des destins qui se croisent. Canis lupus et nous-mêmes partageons trop de légendes et d’aventures pour que la cohabitation cesse faute de loups. Qui voudrait la mort de son frère ? Depuis le Moyen Age, nous exterminons nos semblables aux yeux jaunes. Nous les fusillons, nous les piégeons, nous les empoisonnons. Nous comprenons désormais que c’est une faute écologique et un crime contre les générations futures. Non seulement le loup est irréfutable, mais il est indispensable. Si nous ne réussissons pas à lui faire un peu de place sur cette Terre, cela voudra dire que nous n’en laisserons pas davantage aux éléphants, aux tigres, aux ours, aux baleines, aux requins, ni à aucun autre grand animal, puisque toutes ces créatures gênent quelqu’un, quelque part. Mais, dans ce cas, nous nous punirons nous-mêmes. Nous ruinerons nos mythes et nos plus beaux poèmes, nos symphonies, nos peintures et nos rêves, en un mot tout ce qui nous a fait hommes avant que nous n’inventions l’Administration réunie des Pelles Mécaniques, des Bombes à Fragmentation et des Fusils Mitrailleurs.
Demain, je marcherai dans la forêt de Tincave, au-dessus de Bozel, où j’espère bientôt revoir « le » loup. Je grimperai les flancs du mont Jovet sur la trace de cet animal admirable, heureusement revenu en France depuis l’Italie, et par ses propres moyens. Je veux croire que mon frère aux yeux jaunes me regardera comme un frère. Nous attendrons la nuit, la pleine lune, et nous hurlerons ensemble un hymne à la beauté du monde.


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14 avril 2011

Une petite merveille, cette chronique

Cette chronique paysanne a été tournée en pays de Gruyère pendant une année, de juillet 1989 à juillet 1990.

(Impossible de remettre la main sur un petit extrait vidéo du film que j'avais vu sur le net, dommage!)

chronique_paysanne

Conrad et Louise Bapst sont des "petits paysans" de montagne vivant en autarcie et partageant le même domaine avec trois fils, dont deux sont mariés avec une famille de trois et quatre enfants.
Nous avons suivi chronologiquement avec les Bapst une année de travaux et de fêtes. Ils habitent La Roche (FR); l'été, une partie de la famille monte à l'alpage. Il faut une heure et demie pour atteindre le premier chalet, sans route carrossable. Ils déménagent six fois en trois mois suivant la pousse de l'herbe avec leurs vaches, dans trois chalets situés de 1200 à 1700 mètres d'altitude. Ils fabriquent le gruyère artisanalement comme on le produit depuis trois cents ans.

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A la ferme du bas reste une partie de la famille qui fait les foins, les regains, le jardin, etc. L'automne c'est la désalpe suivie de la grande fête: la Bénichon. Et puis, ce sont les travaux d'automne et d'hiver: pour les femmes ramasser légumes et fruits, pour les hommes couper le bois, le descendre avec luge et chevaux, faire des fagots, tuer le cochon. Les loisirs pour le grand-père c'est la chasse, pour la grand-mère, les lotos. La vente des fromages permet de payer les alpages loués et de laisser un tout petit bénéfice. On assiste à des votations, pour ou contre l'armée, et à une réunion des paysans de montagnes inquiet à l'approche de l'Europe de 1993.

Passeurs de réel (3/5) : "Jacqueline Veuve, une cinéaste sensible aux bruits du monde" (Rediffusion)

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11 avril 2011

Waow, c'est magnifique

yellowstone

Le Parc national de Yellowstone (Yellowstone National Park) est situé aux États-Unis, dans le Nord-Ouest du Wyoming. Une petite partie du parc se trouve sur les États voisins de l'Idaho et du Montana. Créé en 1872, le Yellowstone est le plus ancien parc national du monde. Il s'étend sur 8 983 km² (898 300 hectares, c'est-à-dire une superficie plus importante que celle de la Corse). Il constitue le deuxième plus grand parc naturel des États-Unis (hormis l'Alaska). Le Yellowstone est célèbre pour ses phénomènes géothermiques ; il contient deux tiers des geysers de la planète et de nombreuses sources chaudes. Il abrite de nombreux grands mammifères : ours noirs, grizzlys, coyotes, loups, élans (orignaux), cerfs et des troupeaux sauvages de bisons et de wapitis. Le parc constitue le cœur d'un vaste habitat naturel préservé, l'un des derniers écosystèmes relativement intacts des zones tempérées. Il est inscrit sur la liste des réserves de biosphère depuis 1976. Il reçoit chaque année la visite d'environ trois millions de personnes4 ce qui en fait l'un des parcs américains les plus fréquentés. suite: wikipédia

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Jackson lake - Yellowstone, Wyoming - Juin 2002 ©Laurent BILLET

Un homme a étudié les loups là-bas:

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Ancien garde-chasse et US Marine d’un commando d’élite, Shaun Ellis rencontre il y a trente ans un biologiste amérindien qui le décide à s’orienter vers l’étude des loups. Pendant quinze ans, aux États-Unis et en Europe, il les observe, apprend à décoder leur langage et leurs règles sociales. Pendant deux ans, il va vivre dans les Rocheuses, en suivant une meute jour et nuit. Et depuis 2008, Shaun vit au milieu des loups. Il s’est totalement immergé dans une réserve naturelle qu’il a créée au sud-ouest de la Grande- Bretagne. Il prend en charge tous les louveteaux, assure la place de mâle dominant, régurgite la nourriture pour nourrir les petits, porte toujours les mêmes vêtements pour ne pas perturber son histoire olfactive. En tant que chef de meute, Shaun doit ramener les proies, se débrouiller pour pouvoir suivre un régime humain sans que la meute en ait conscience… 
À l’heure actuelle, Shaun Ellis est reconnu comme étant l’expert mondial des loups. Personne avant lui n’était allé aussi loin dans une telle expérience !

Le livre (traduit de l’anglais par Marie de Prémonville) va sortir dans les prochains jours

 

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10 avril 2011

Une petite vidéo pour René

Non, non pas celui auquel tu penses Banou. Cette vidéo est dédié à René Fillion-Robin à qui j'avais demandé il y a une quinzaine d'année de me fabriquer mon paret. Manigod (Haute-Savoie) est son village.


manigod par Manigod_Tourisme

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j'aimerais bien qu'elle me raconte....

porte

l'histoire des gens qui ont vécu à l'intérieur.....

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08 avril 2011

Un petit coin de paradis

un_petit

C'est l'histoire de la seconde vie d'Ossona, un hameau valaisan situé dans le Val d'Hérens en Suisse, abandonné dans les années soixante et qui devient le projet-pilote d'un site agro-touristique.
De 2005 à 2008, nous avons suivi la réhabilitation de ce lieu classé zone de développement durable et ses acteurs.
Les uns ont entre 14 et 16 ans. Ils sont nés en Haïti, au Maroc ou à Sion. Ils fréquentent une institution pour adolescents en difficultés. Le labeur montagnards peut-il transformer l'esprit? Une fois par semaine, entre chantiers et travaux agricoles, ils s'investissent dans la remise en état de ce hameau fantôme.
Les autres ont entre 75 et 90 ans. Ils ont vécu leur enfance en autarcie à Ossona, qu'ils ont quitté à l'ère des barrages, pour connaître la vie "moderne". En témoins, ils reviennent, observent et racontent...
Que peuvent donc partager ces représentants des anciens de la vallée et de cette jeunesse multiculturelle? Qu'ont-ils à se dire, que peuvent-ils se transmettre?
Le film retrace cette aventure jusqu'à la fin d'une première étape avec des gîtes ruraux et une auberge, mais aussi la course d'obstacles financiers, administratifs, politiques et écologiques auxquels se confrontent la commune de St-Martin et le paysan exploitant.

Extraits de presse du documentaire de Jacqueline Veuve


UN PROJET AGRO-TOURISTIQUE FAIT REVIVRE UN HAMEAU VALAISAN

par Françoise Bieri Hirlemann (17 mai 2009, www.auxartsetc.ch/articles_detail.php?id=6135)

 

La renaissance d’un petit hameau valaisan situé à 900m d’altitude dans le Val d'Hérens est tout un symbole, et c’est l’objet du dernier film de Jacqueline Veuve. Le hameau s’appelle Ossona, mais ses anciens habitants l’appellent Ossone. Ils l’ont abandonné au début des années soixante à cause des problèmes d’eau potable, quand les jeunes filles se sont mariées ou parce qu’ils ont voulu connaître la vie moderne et ont préféré aller travailler à la construction du barrage de la Grande Dixence. Certains vivent encore dans le village le plus proche, à une heure de marche d’Ossona. Réveillés par les changements qu’ils observent –chaque jour, à la jumelle parfois-, leurs souvenirs de ce «petit coin de paradis» de leur jeunesse vont remonter.

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En ethnologue attentive et bienveillante des personnes et des projets qu’elle étudie, Jacqueline Veuve a voulu documenter la renaissance d’Ossona, rendue possible par la réalisation du projet-pilote agrotouristique sur le site de ce hameau. Ce projet comprend des gîtes ruraux, une exploitation agricole et une auberge. De 2005 à 2008, la réalisatrice a suivi les acteurs de la réhabilitation de ce lieu classé zone de développement durable. Le film montre la course d'obstacles financiers ou administratifs, mais aussi les divergences entre les exigences définies dans le projet et la réalité des exigences de l’exploitant agricole.

 

Des adolescents sans reperes face aux anciens du hameau

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Certains acteurs de cette aventure ont entre 14 et 16 ans. Ils sont nés en Haïti, au Maroc ou à Sion et ils fréquentent une institution pour adolescents en difficultés. Une fois par semaine, entre chantiers et travaux agricoles, et encadrés par les professionnels, ils s'investissent dans la remise en état du hameau. D’autres ont entre 75 et 90 ans. Ils ont grandi à Ossona, en autarcie, bien sûr à l’époque. Témoins encore vivants d’un passé révolu et menacé d’oubli, ils suivent le réveil du hameau. Ils reviennent, ils observent et ils racontent les anciens outils, la joie de vivre et de danser, la nature, leur jeunesse... Les meilleurs souvenirs sont plus facile à raconter, et ces aînés passent sans doute trop vite sur le quotidien difficile : sur le pain dur comme du caillou car il est cuit seulement deux fois par an, ou sur les chemins d’une heure vers l’école, par tous les temps, même quand la neige leur montait jusqu’aux genoux. Mais ils se souviennent avec nostalgie et gourmandise de l’éclatement du printemps, de leurs bêtises de gamins, de toute la liberté que l’époque, la nature et l’isolement permettaient. Alors, les jeunes dans le film et nous les spectateurs, nous les écoutons et partageons avec eux la nostalgie et les mots de ce bonheur passé, qui ensoleille encore leur mémoire de fleurs, de bruit d’eau, de portes jamais fermées et de mythes terrifiants qui les font aujourd’hui sourire, mais qui les empêchaient alors de dormir.

 

Symbole d’avenir

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Le documentaire est magnifique par la beauté du site et la beauté des rencontres humaines. Il est intéressant parce qu’il montre la revitalisation d’un lieu oublié pendant 50 ans, et qui offrira une possibilité de tourisme familial, écologique dans l’esprit du développement durable. Les commentaires en voix off y sont superflus. Les rencontres entre les protagonistes suffisent à illustrer les difficultés rencontrées pour concilier les intérêts divergents voire les incompatibilités entre les objectifs financiers, touristiques, agricoles et écologiques d’un tel projet.

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Autre point fort de ce documentaire, la rencontre des générations : celle des adolescents sans doute en manque de repères et de racines qui découvrent un monde inconnu avec des aînés qui ne demandent qu’à se souvenir et à transmettre. Les jeunes y découvrent l’importance de l’enracinement et la fierté de l’ouvrage accompli. Ils ont entendu avec quelle fierté les anciens parlent de «leur» mur, celui du barrage de la grande Dixence, pour lequel ils travaillaient 11 heures par jour, même le dimanche – sauf une heure pour aller à la messe…. Eux les jeunes, ils participent à la réalisation d’un projet agro-touristique, et ils seront «fiers de montrer à leurs enfants et petits-enfants», les gîtes qu’ils ont refaits. L’un d’entre eux le dit clairement. Il a maintenant un repère, quelque chose dont il est fier et qui lui permet d’aller plus loin.

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07 avril 2011

La voix sauvage

...C'était au mois de septembre. Les journées étaient encore chaudes et ensoleillées...


...Depuis quelques temps, j'avais pris l'habitude de jeter dans la pente les restes de mes repas. Non pas par négligence, mais avec une conviction écologique. "Pourquoi mettre à la poubelle des épluchures qui seront brûlées et qui pollueront l'air de la vallée? Autant que cela retourne à la nature et s'y fonde en enrichissant le sol, ce sera un engrais naturel de plus pour mes arbres."...


...Je savais que les chiens n'allaient pas dans la pente. Le seul animal domestique à y passer son temps était une petite chatte colorée dont la passion était de guetter les souris...


...Sans me l'avouer, j'envisageais, peut-être, aussi, la venue d'animaux plus importants, belettes, fouines, renards, blaireaux...


...C'est au cours de l'une de ces soirées tranquilles que j'eus une visite inattendue...

la_voix_sauvage


...Il était là, à quelques mètres, sur la pelouse, à l'endroit où le terrain fait une pointe au-dessus du vide. Majestueux, bien campé sur ses pattes, apparemment inquiet de se trouver si près de la maison, me regardant à peine surpris comme s'il me connaissait déjà, comme s'il savait qui je suis...


...Ce qui me frappa le plus, je crois que c'est son regard. Des petits yeux dorés, biens posés sur moi, à la fois vifs et charmeurs. C'était un renard, sans doute assez jeune, de grande taille, au pelage éclatant de feuilles d'automne, se tenant fermement, observant sans hâte la créature bipède qui se tenait dans l'entrebaillement de la porte...


...Une tâche blanche veloutée ornait sa poitrine. Il me regardait de l'air de dire: "Bonjour! Qui es-tu? Je suis le prince de ce lieu. Que veux-tu? Reste chez toi et donne-moi à manger si tu le désires, mais ce n'est pas une obligation, en attendant réjouis-toi de ma beauté."
Je voulus finir le mouvement que j'avais commencé, c'est-à-dire, pousser de l'épaule la baie vitrée sur le côté, et m'approcher, mais je jouai trop fin. À ce moment il disparut, plongeant d'un bond dans la pente. Je poussai complètement la porte à glissière, me précipitai au bord de la petite falaise d'ardoise. Il se trouvait juste en-dessous, à six mètres de moi, progressant dans les plantations. J'appelai: _ Petit! Petit! Coco! Viens mon coco!
À ces mots il s'arrêta et me regarda en tournant la tête vers le haut. Son corps était ramassé, tendu, l'échine tremblante, les jarrets pliés. Je me forçais à ne pas bouger, gardant la position de mon approche au bord du trou, vacillant légèrement sur ma jambe avancée. Je tentai de l'appeler encore: _ Petit! Coco! Viens! N'aie pas peur!
Mais cela ne réussit pas, au contraire, à le retarder. Il s'enfuit à grande vitesse sur les herbes et disparut dans la nuit.
Je restai longtemps à veiller, croyant qu'il reviendrait. Après minuit j'étaignis les lumières et je demeurai assis derrière la vitre jusqu'à la limite de mes forces...

renard


...Le lendemain je préparai mon coup dès le matin après un réveil plus que tardif. J'arrivai chez le boucher et je demandai, en plus d'un steack, des déchets pour chien. J'appuyai à dessein sur le mot "chien", ne désirant pas faire connaître à la ronde la venue de mon renard. J'étais sûr qu'il reviendrait, alors je devançais les indiscrétions qui ne manqueraient pas d'intervenir. Je ne ressentais pas la crainte d'une curiosité malveillante précise, entre les chasseurs, les vieux qui craignent les maladies et qui ont gardé vis-à-vis des animaux la mentalité de l'ancien temps, les voisins susceptibles de faire courir dans l'opinion publique des bruits désagréables, mais une espèce de méfiance naturelle, plus instinctive que raisonnée, comparable à celle du chien qui a trouvé un os...


À la nuit tombante je jetai de la viande assez loin dans la pente...Je décidai d'attendre sans bouger, l'important était de ne pas l'effrayer par une sortie intempestive qui risquait de le faire partir à tout jamais...Quelques minutes après une forme se présenta sur le côté gauche du terrain, le côté ouvert. "Bon sang de bois!" C'était un chien! Je me lève et je sors en gesticulant et en criant...
Enfin il arriva,..........................(extrait du livre: la voix sauvage)

la_voix_sauvage

Dans ce roman qui s'inscrit dans le cadre grandiose de la montagne, deux héros aux destins totalement opposés vont se croiser. Le premier est un homme (le narrateur), qui a fait de la montagne et de la neige sa patrie, sa vie, sa profession. Mais à un tournant de sa vie il rencontre l'autre héros de cette aventure, un autre sauvage, nocturne, libre: le renard. Celui-ci va bouleverser son destin. Quittant tout ce qui fut son existence, le narrateur, comme aspiré par cet appel irrésistible, va suivre le renard dans sa quête sauvage jusqu'à sa fin probable, mais transfiguré pour l'éternité.
Ce roman est l'oeuvre d'un professionnel de la montagne. Il donne une vision très particulière du milieu naturel et le décrit avec passion.

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06 avril 2011

On ne peut pas prier pour la pluie.....

.....et se plaindre quand on est mouillé

Un rêve de citadin : vivre dans la nature, écrire cette aventure. Simon Collins a réalisé les deux avec talent !

Simon Collins, financier de la City à Londres, a choisi de vivre « proche du climat et de la terre », dans un hameau que seule la lune éclaire à la nuit tombée. Abasourdi par les beautés de la montagne, dans le silence des grandes chutes de neige, il découvre la simplicité crue du monde paysan et comprend peu à peu, ce que la montagne recèle de violence et de vérité.
Il n’en sortira pas indemne. Mais avec la fierté d’être homme.

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Petit hommage à Joséphine

Joséphine était une marmotte qui vivait avec toute sa famille à côté de ma cabane d'alpage au pied du Paneyron à Vars. Je me suis régalé pendant quatre années à les voir vivre, s'amuser, parfois se taper dessus.

 Voilà exactement ce qu'il ne faut pas faire  (vidéo) : les nourrir avec n'importe quoi (les nourrir tout court même). Les marmottes sont des herbivores, que diable!!!

Marmotte

Tout le monde "connait" les marmottes, en tous cas les gens qui fréquentent la montagne. Pour ceux qui n'ont pas eu la chance de les croiser au détour d'un chemin de randonnée ou dans les alpages , cliquez sur la photo pour avoir une petite description.

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01 avril 2011

des polars dans les Alpes?....et pourquoi pas?

ça change un peu des récits d'ascensions....

le_mouflon

Marielle Bordes est une jeune gloire très parisienne du stylo à plume. Elle accepte du bout des lèvres une enquète sur un trafic d'ecstasy dans les Alpes. Trafics en tous genres et meurtre en famille la mèneront sur des hauteurs d'air pur mais aussi des sommets de combines qui dégageront ses poumons pleins de fumée et de certitudes. Elle découvrira ainsi que le macadam n'a pas le privilège du noir. Dans ces alpages qui réservent bien des surprises, le mouflon se marre encore...

la_louve

Une ex-gloire de la télé cache sa vraies vie sur des hauteurs aromatisées et préservées jusqu'à l'apparition des paparazzis, des excités de la pellicule, accrochés à leurs stars comme un moustique sur une chait fraîche. Avoir été l'intime des puissants ne protège pas les nymphettes cathodiques. Entre les mélèzes et les dernières neiges, c'est l'éveil des salauds. Chasser le scoop peut être dangereux et très indigeste. Derrière le miroir, il y a des charognards, le poids des clichés, le choc des cadavres pour un apprenti président, une fille illégitime, des concurrents féroces, des barbouzes sans visages et une louve qui défend sa portée.

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les petites traces noires des éditions Didier Richard

Une collection aux couleurs du noir mais aussi de la nature. Des polars dans les Alpes ou ailleurs mais toujours en vert, à lire au soleil après une grimpette, en haut des pistes ou au bord de l'eau. Montagnes, campagnes et terroirs se découvrent au fil des chemins grâce aux cartes, aux guides et se vivent aussi à travers des histoires vraies ou romanesques. Le polar, genre urbain par excellence, fait un détour détonnant par les pentes criminelles et les vallées sulfureuses depuis les vagues troubles d'une côte assassine. Un policier coloré pour tous, une fiction en pleine nature.

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31 mars 2011

ça fait toujours du bien de voir ça....



Opération "installations obsolètes" organisée par Mountain wilderness

Mountain_Wilderness_veille_sur_la_montagne_img_initiative

De nombreux aménagements à vocation essentiellement touristique, mais également industrielle, agricole, militaire... sont aujourd'hui abandonnés dans les montagnes françaises. Ces installations qui n'ont plus d'usage, marquent souvent le paysage comme de véritables cicatrices. Elles sont donc obsolètes et doivent disparaitre. Suite....

montagne_propre

 

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